Sand et Viardot, correspondance croisée

avec Catherine Gautier et Delphine Biechler

Trois femmes, Delphine Biechler, Catherine Gautier, Emmanuelle Huteau, se glissent dans la relation épistolaire, affective, amicale et artistique de George Sand et Pauline Viardot.
Deux voix, chantée et lue, et un piano mêlent ainsi leur sensibilité et leur art pour nous entraîner dans l’univers de ces deux artistes resplendissantes. 

Les lettres échangées par Pauline Viardot et George Sand sont le fil rouge des textes lus. S’y ajoutent par petites touches les regards portés sur elles par leurs contemporains (Chopin, Delacroix, Schumann, Proust…), en accord parfait avec les musiques de Chopin et Viardot.

« Nous sommes ici depuis plus d’un mois. Madame Viardot, arrivée en même temps que nous est repartie au bout de trois semaines. Nous nous portons tous admirablement bien. Je ne suis pas fait pour la vie à la campagne, mais l’air pur est une jouissance pour moi. Je ne joue pas beaucoup, mon piano est désaccordé ; j’écris moins encore, c’est la raison pour laquelle vous n’avez rien reçu de moi depuis si longtemps. Je suis toujours d’un pied chez vous et de l’autre dans la chambre voisine où la maîtresse de maison (George Sand) travaille et, en ce moment, pas du tout chez moi mais, comme d’habitude, dans des mondes étranges. Ce sont certainement des espaces imaginaires mais je n’en éprouve aucune honte… Ne dit-on pas chez nous : « Il est allé en imagination au couronnement » ? Et moi, je suis éperdument un vrai mazur, aussi ai-je sans réfléchir davantage composé trois nouvelles Mazurkas. »

Frédéric Chopin, aux siens, le 16 Juillet 1845

Delphine Biechler, piano
Catherine Gautier, lecture
Emmanuelle Huteau, chant